Arménie, le coup de coeur !

Olivier Jeannier Interview

fabricante lavash

Juillet  2018 – mars 2019, plus de 8 mois déjà et pourtant  je n’oublie pas la merveilleuse découverte de ce pays du Caucase très attachant, environ deux fois plus petit que la Suisse et indépendant de l’URSS depuis 1991.

Le voyage débute à Erevan (francisé ainsi mais localement appelé Yerevan) et d’emblée la séduction opère.  Quel dynamisme ! On dirait qu’il y a ici des années à rattraper ; c’est vivant, ça bouge et les rues sont très animées !  De nombreux restaurants affichent une décoration attirante et plutôt branchée où l’on y déguste une cuisine savoureuse et variée.

Le cœur névralgique de la ville et le point de rendez-vous de nombreux voyageurs en est la place de la République aux séduisants bâtiments de tuf rose.

Au Vernissage, les puces locales : samovars, vieilles montres, chapkas et pin’s rappellent l’appartenance pas si vieille du pays à l’Union soviétique.

pins marche

Pour les adeptes d’insolite, un tour à Cascade s’impose : un gigantesque escalier enrichi de fontaines qui abrite aussi un musée.  A son pied, la femme qui fume de Botero, inédit. 

cascade et botero

Mais là où j’ai le cœur qui chavire, c’est à quelques encablures du centre-ville sur la colline où se trouve le mémorial du génocide arménien. Quand on le visite avec un Arménien de la diaspora (ils seraient environ 7 millions soit au moins deux fois la population du pays) de plus de 80 ans qui revient pour la première fois revoir ses terres, on est forcément grave et touché. Ici, notre excellente guide, d’une culture rare et dotée d’un français impeccable avait eu le bon goût de nous fournir à chacun, un brin de fleurs à déposer sur la flamme qui brûle en permanence… pour ne pas oublier les 1,5 million de morts du génocide de 1915. 

memorial genocide

Après une découverte réussie de la vibrante capitale, il est temps de partir visiter les beautés de la province.  Nous avons un excellent chauffeur pour cela et les explications de haut niveau de notre guide Arpiné s’enchaînent dans le bus confortable ou sur les sites.

fameuse guide arpine

chateau

eglise

Croyant ou pas, en visitant le pays, on est touché par l’aura mystique que dégage les monastères et les églises souvent placés au cœur de paysages spectaculaires. Comment rester le même après avoir admiré le monastère de Novarank encerclé de roches rouges éclatantes ou celui de Saghmosavank surplombant le joli canyon de Kasagh ? Comment ne pas ressortir apaisé, un dimanche de messe après avoir entendu les voix puissantes et saisissantes de la chorale de la cathédrale d’Etchmiadzine. La religion (église apostolique), étouffée par 70 ans de communisme, semble avoir retrouvé ses racines chrétiennes remontant à l’an 301. 

A contrario des idées répandues, tout n’est pas que pierre en Arménie. Par exemple les plaisirs de la table et le bon vin m’ont aussi séduit : on mange très bien dans ce pays, qu’on se le dise ! Grande variété de crudités, salades en tout genre, viandes grillées ou hachées, poissons, fruits, le tout agrémenté de Lavasch, le succulent pain local. Quant au vin, il est excellent (comme le Qotot de la région d’Areni) ainsi que le cognac Ararat (le 10 ans d’âge minimum à mon goût) ou les eaux de vie distillées çà et là localement, comme chez la famille de notre hôte qui, en milieu d’après-midi, nous a accueillis d’abord pour une dégustation de tisane et de miel de leur production et ensuite pour l’inévitable eau de vie qui rend gai. Ce sont des rencontres comme celle-ci, orchestrées grâce à une envie de la responsable francophone et francophile de notre agence locale de favoriser la compréhension entre les peuples et de soutenir des familles de villageois, qui marquent et ne laissent pas indifférent. Un si bel accueil et si authentique se fait rare de nos jours ! Car ce qui m’a aussi fait aimer l’Arménie, c’est cette population à l’Histoire compliquée, placée au-devant d’immenses défis, mais aussi un peuple riche de ses minorités ethniques comme les Molokans, communauté russe née  au 16e siècle, après leur refus d’épouser les fastes de l’Église orthodoxe. Les femmes portent de longues jupes et les hommes sont blonds comme les blés, là où les Arméniens sont majoritairement bruns.

nourriture

eau vive

Autre surprise, celle de passer dans le bastion des Yézidis Arméniens, des nomades éleveurs kurdes et un peu plus loin de découvrir une école et un campus ultramoderne type campus américain (UCV et TUMO) juste avant d’arriver à Dilidjan, surnommée la Suisse du pays, célèbre notamment pour ses forêts, rares dans le pays et son eau minérale de qualité.

arbre_fruits

L’Arménie, je peux vous l’assurer, a beaucoup plus à offrir que ses églises et monastères car le plus étonnant reste les paysages.  Avant le col de Selim,  situé à 2400 m et qui offre depuis son caravansérail un magnifique décor, on découvre, subjugué, l’immense miroir bleu que constitue le lac Sevan.  Même le riverain amoureux du lac Léman a apprécié ce lac deux fois plus grand et encore plus bleu. A Goris, je me m’attendais pas du tout à retrouver un sublime décor de Cappadoce en miniature avec des cheminées de fée à foison.

landscape

En terme de panorama à couper le souffle, le voyage se termine en apothéose par la plaine de l’Ararat, seule région plate du pays,  dominée par LA montagne : le mont Ararat, 5165 m tout de même. L’arche de Noé se serait échoué sur ce sommet sacré appartenant désormais à la Turquie, au grand dam des Arméniens. La vue depuis le monastère de Khor Virap tout proche à vol d’oiseau mais si loin (frontière infranchissable ici pour les Arméniens) vaut à elle seule le déplacement en Arménie et la photo combinée du monastère et du mont est un must.

Khor Virap

ararat

Retour à la capitale.  Lors du dernier petit-déjeuner depuis la salle panoramique du restaurant , au dernier étage de l’hôtel, je peux encore admirer le mont Ararat. Encore une agréable surprise que réserve l’Arménie, la qualité de l’hébergement sélectionné avec soin. Le voyageur le plus exigeant y trouvera satisfaction.

Je suis désormais attaché, vous l’aurez compris, à ce pays francophile, aux personnes que j’y ai rencontrées et je n’ai qu’une hâte, y retourner et vous conseiller ce pays en tant que future destination de voyage,  pour des randonnées ou pour un séjour culturel dans cette contrée « coup de cœur ».